Microsoft : le choix de l’incertitude !

Avec l’apparition de Samba 4,  Microsoft a bien du souci à se faire. Au point où, d’ailleurs, nous pouvons nous demander quelle utilité il y aura bientôt à déployer Active Directory sur des serveurs Windows ! Avec l’accélération de l’externalisation vers Microsoft Office 365, les serveurs Exchange ont disparu en partie des entreprises. Ne parlons pas de la solution de sécurité Microsoft Forefront, à laquelle personne ne croit plus guère, du fait qu’elle cumule trois failles de sécurité entre 2010 et 2012. Ça la fout mal pour un produit qui est censé la garantir ! Il y aurait bien aussi Sharepoint, dont on se demande, compte tenu de sa complexité, s’il a vocation à rester dans les murs de l’entreprise.

Un géant aux pieds d’argile

Microsoft : le choix de l'incertitude !Malgré un tableau qui interroge quant à l’avenir de Microsoft dans le monde ses serveurs d’entreprise, l’engouement persistant pour Windows Server s’explique avant tout par l’attitude d’éditeurs de logiciels restés très favorables à la firme de Redmond. Il faut dire qu’avec RDP et Terminal Server, Windows Server dispose de solutions techniques remarquables et inégalées dans le monde du logiciel libre. Mais, avec les smartphones et les tablettes, Java et Objective-C semblent tenir le haut du pavé dans les nouveaux développements de type « client lourd ». Ils ont l’avantage de pouvoir s’exécuter sur Android, Linux, MacOS X et… Windows. C# ne décolle pas vraiment et, malgré Mono, semble définitivement confiné aux environnements Windows. Avec l’accélération de la webisation des applications sur fond de SAAS, le RDP est lui-aussi à terme menacé. Et face au développement de l’usage des CMS, Microsoft n’a aujourd’hui que bien peu d’alternatives à proposer.

L’autre raison du succès des serveurs Microsoft tient évidemment à SQL Server, adoubé par les éditeurs. La base de données de Microsoft continue de grignoter des parts de marché à Oracle, du fait du côté didactique de ses outils d’administration et des bonnes performances de son moteur. Avec un prix de 3500 euros pour 10 utilisateurs, SQL Server 2012 renchérit dangereusement le coût des logiciels fabriqués par des éditeurs soucieux d’un meilleur partage de la valeur. C’est la raison pour laquelle ils sont de plus en plus nombreux à se tourner vers des solutions Open Source tels que PostgreSQL, MySQL, Firebird et Ingres, qui s’exécutent sur les environnements Windows.

Continuer à financer le passé ?

L’accélération des débits Internet, l’émergence de l’Open Source dans le monde professionnel, l’arrivée de Google sont en train de secouer les positions acquises. Microsoft, en faisant le choix de sauver Dell – qui a vu son chiffre d’affaires reculer de 8% l’an dernier – semble continuer de croire à un modèle qui est en train de voler en éclats, là sous nos yeux ! Et je ne comprends pas pourquoi les régions françaises continuent de financer des formations qui font la part belle à un éditeur dont les solutions semblent appartenir à une vision du passé ! Dans cette période de vaches maigres, il est anormal que les futurs salariés de l’informatique continuent de rester prisonniers d’une logique conservatrice et identitaire à la lisibilité plus que douteuse.

Crédit photos : Université de Genève

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