Linux : pourquoi je préfère Fedora, CentOS, openSUSE et Ubuntu !

J’ai toujours eu une profonde aversion pour les communautarismes de tout poil et les idées « communautaires », d’où qu’elles viennent. J’ai une profonde détestation de l’ostracisme qui anime trop souvent les membres d’une communauté recroquevillée sur elle-même, aux idées passablement étriquées. Cela vaut aussi pour le logiciel libre et Linux. Je n’utilise pas Linux pour des raisons « idéologiques ». Si j’utilise Linux, c’est avant tout pour des raisons professionnelles.

Linux : pourquoi je préfère Fedora, CentOS, openSUSE et Ubuntu !Comme certains ont pu le préssentir à la lecture de mes billets, je n’ai pas de chapelle en ce qui concerne le choix de la distribution Linux sur laquelle je suis amené à travailler. Le seul choix qui vaille, c’est celui de mon client et, si je dois faire un choix, je tâche de le justifier en évitant le recours à des arguties. S’il m’explique qu’il souhaite installer GLPI sur Windows, alors je préfère lui dire que ce sera sans moi, tant je trouve parfaitement incongrue l’idée de devoir payer inutilement pour une solution dont la mise en oeuvre est beaucoup plus simple sur un système Linux « gratuit » ! 

L’atout majeur des distributions Fedora, CentOS, openSUSE ou Ubuntu, c’est qu’elles sont adossées à des sociétés commerciales, auprès desquelles vous pouvez acheter du support pour leurs propres distributions. Pour nos clients, il y a là quelque chose de rassurant. Red Hat fournit à Fedora les développeurs et les moyens logitisques et financiers, sans lesquels le projet serait très probablement mort depuis belle lurette ! Depuis 2014, c’est également Red Hat qui finance CentOS. openSUSE est soutenu par SUSE ; Ubuntu par Canonical.

Microsoft et l’idéologie communautaire : menace pour Red Hat, SUSE et Ubuntu ?

Lorsque Microsoft a annoncé il y a près de trois ans que Windows 10 serait le dernier Windows, j’ai vite compris que le système d’exploitation de la firme de Redmond allait disparaître dans la forme où nous le connaissons aujourd’hui. Microsoft a choisi Linux, là où Apple avait choisi BSD pour macOS X. Demain, Windows sera une interface, au même titre que le sont aujourd’hui Gnome et KDE.

Microsoft arrive à toute berzingue dans le monde Linux, à la manière d’un éléphant kazakh entrant dans un magasin de porcelaine, près de Limoges. Sa présence risque à terme de menacer les entreprises comme Red Hat, SUSE et Canonical – prises entre l’enclume et le marteau – qui ont fait le choix d’un modèle économique « complexe ». Le choix de Google d’aller vers un Linux communautaire me semble assez révélateur d’une lecture où M$ finirait par remporter la mise en adoptant, comme il l’a fait par le passé, la stratégie du coucou. Pousser l’esprit communautaire en finançant les distributions comme Debian, c’est une des façons de se débarasser, pour Google et Microsoft, de leurs concurrents. Google, une fois de plus, est en embuscade. N’oublions pas la manière dont l’éditeur a su imposer son navigateur, tout en arrosant généreusement Mozilla de subsides.

Très sincèrement, je pense qu’il y a un réel intérêt à soutenir directement ou indirectement les distributions Linux éditées par Red Hat, SUSE et Canonical, si nous ne voulons pas que ce nouveau monde atomisé par l’esprit communautariste amène l’informatique professionnelle à se donner entièrement à Microsoft et à Google. Je vous renvoie à la lecture de Felix Guattari sur la compatibilité des communautarismes et de l’atomisation apparente des « sociétés » avec la constitution de très fortes entités capitalistiques capables de s’adapter à toutes les représentations et à tous les discours.

NB La photo d’Edgar Morin est en corrélation avec l’idée de « pensée complexe ».

Linux  / Centos Formateur Linux Linux OpenSuse Red Hat SUSE Ubuntu