Debian : choix de la déraison ?

Je vous ai déjà parlé du tropisme de la blogosphère libriste française au sujet de son appétence pour la distribution Debian. Dans le forum du camarade Cyrille, j’ai enfin entrevu des éléments de réponse à cette exception française.

Extraits choisis

Debian : choix de la déraison ?Je reprends les propos de Nick : « Sans avoir discuté avec mes collègues plus que ça, on a tout mis sur des serveurs cloud avec Debian ou Ubuntu comme OS.« 

Un peu plus loin, Alsed se fait plus précis encore : « Mais en vous lisant,  je me demande en quoi quelqu’un qui choisirait Ubuntu/Debian sans se poser vraiment la question, et qui en serait satisfait, devrait subitement se demander s’il ne devrait pas aller ailleurs ?« 

Pour Iceman, « Ma philosophie : on ne change pas ce qui fonctionne… Sur mon vieux clou, Debian suffit.« 

Et puis, Nick_au_repos : « On a besoin de pouvoir trouver des personnes connaissant un minimum l’OS en cas de problème. Plus de compétences sur la famille Debian. » Il poursuit : « J’avais demandé aux collègues pourquoi on partait sur une Ubuntu alors que nos admins sys poussent Red Hat (mais ils se sont mis hors jeu tous seuls à cause de leur incompétence). J’avoue que le point 2 suffit à tuer le débat : on est une équipe réduite qui doit gérer des tas de VM dans le cloud avec un infogérant (qui va changer fin 2019 / 2020). Nous devons tous connaitre les mêmes OS et les mêmes technos. Donc base Debian. » Très en verve : « Je suis sur Debian depuis 15 ans donc Ubuntu puis Mint. Avec environ 12 ou 13 ans en utilisation pro (développement / admin / dockerisation / …) J’ai converti pas mal de collègues au monde Debian. Jamais de gros crash, jamais de problème insurmontable. Et un bureau qui me convient. What else ?« 

Charlot nous apporte quelques précisions : « Pour le matériel hors combo intel+nvidia+broadcom, t’es quasiment en sécurité côté Debian et surtout Ubuntu. Au pire, tu trouveras un article wiki, un repo github ou un blog post qui aidera à passer le problème.[…] S’il veut du stable: Debian stable + non-free ou Ubuntu LTS, le reste c’est pour les jeunots et je ne dis pas ça de manière péjorative. Néanmoins, il y a un certain côté conservateur qui m’agace dans Debian mais comme je ne contribue pas de manière active à la distro, ça ne m’impacte pas dans mon usage. »

Et Cyrille de conclure : « Si Fedora n’est pas très utilisée ou moins utilisée que le tandem Ubuntu/Debian et même moins populaire qu’une Manjaro,  faut-il y voir un panurgisme des utilisateurs ou un problème de fond ?« 

Épilogue

J’ai un ancien ami qui n’a eu qu’une obsession dans sa vie sentimentale : celle de retrouver son 1er amour qui lui avait été interdit par ses parents. François Truffaut l’avait mis en lumière magnifiquement dans son film, La femme d’à côté. J’ai commencé sur Red Hat et Mandrake, puis SUSE. Je suis resté fidèle aux distributions RPM, malgré des passages occasionnels à Debian et même si j’utilise Xubuntu et Ubuntu Server très, très régulièrement.

Debian : choix de la déraison ?En revanche, ce que je n’explique pas, c’est le choix par défaut que semble constituer la paire Debian/Ubuntu dans les universités et les centres de formation. S’agit-il là d’habitus, de panurgisme, de mimétisme, de conservatisme, de beaufitude ou encore de sentimentalisme ? Pour les universités, très clairement, je n’hésiterai pas à parler de choix conservateur. Pour ma part, lorsque je fais des formations Linux, je présente toujours deux distributions, au moins : CentOS/Fedora et Debian/Ubuntu. Dans l’informatique, les choix doivent, avant tout, se faire sur des critères techniques et rationnels, la prise en charge de l’environnement matériel, la qualité de la documentation de l’éditeur, la stabilité et la fraîcheur. A lire tous ces commentaires sur le forum de Cyrille, j’ai cette impression que nous avons basculé collectivement dans la déraison. « Humain, trop humain« , nous aurait dit le grand Friedrich !

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