Réflexion autour de la curation

La curation fait partie de l’édition 2011 du grand dictionnaire mondial des nouveaux mots de l’Internet. Selon Pierre Tran, journaliste à 01Net, il s’agirait d’une pratique consistant à sélectionner des contenus en ligne les plus pertinents et à les partager. La plate-forme de prédilection des curators est aujourd’hui le service en ligne scoop.it, auquel vous pouvez souscrire gratuitement.

Du sens du mot curator

A l’origine, le curator est le commissaire d’une exposition. Il est chargé de choisir les artistes, de sélectionner leurs œuvres  et d’organiser l’exposition.

Dans le monde de l’Internet, le curator serait le prolongement de ce que le journaliste fut naguère aux médias. Il filtre, sélectionne, produit, partage   l’information en toute subjectivité, selon ses centres d’intérêts. Le curator se distingue du journaliste et du veilleur, par le fait, que cette activité – la plupart du temps à caractère non professionnelle – n’est généralement pas rétribuée. Concept cher à Yann Moulier-Boutang, le curator essaimerait et polliniserait la société. Cela reste toutefois à démontrer.

Interrogations sur la curation

La première interrogation, c’est que la curation ne produit rien. La plupart des curators ne font que reprendre le contenu des médias et des institutions, sans réellement leur apporter de valeur ajoutée, en dehors de celle de sélectionner, filtrer, partager l’information. Du coup, le curator contribue à ajouter de l’information à l’information. Il nous inonde. Il nous surinforme.

La deuxième interrogation est relative à l’utilité sociale de la curation : quels sont les facteurs objectifs qui rendraient l’information d’un curateur plus pertinente que  celle poussée par un journaliste, un média ou une agence de presse disposant d’un site, d’un blog, d’un compte Twitter ou Facebook ?

Le curateur est un médiateur de plus ! Est-il un médiateur de trop ?

Veille  / Curation Veille stratégique et concurrentielle 

Commentaires

Oui, je rejoins tes interrogation, en les nuançant.
« Le curator ne produit rien ». Non, il produit des « relations »: il fait le lien entre plusieurs informations, donc il crée du sens.

« L’utilité sociale du curator »: elle dépend du statut de la personne: expert, passionné, ou faux expert? Mais là, tu me renvoie à ma définition du blogueur, que je qualifiais de « libre mais inutile ». L’utilité sociale est vraiment au cœur de beaucoup de pratiques, notamment dans le domaine de l’informatique, car tout y est très ludique.

@Eric

Je ne suis pas en désaccord avec ce que tu dis, même si se pose la question de plus-value d’un curator par rapport à l’index d’un moteur de recherche en termes de liens.

Libre et inutile, ça me va bien. ;+)

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