Impact des réseaux sociaux sur l’Internet et la blogosphère

Live pour Microsoft et Orkut pour Google étaient destinés à mener la contre-offensive. Ils sembleraient que les deux géants de l’édition logicielle ne soient pas aujourd’hui en mesure de rivaliser face aux deux phénomènes que sont Twitter et Facebook. Les couloirs du Web 2.0 bruissent d’une rumeur de rachat de Twitter par Google ? Pour couper court, Twitter, dont personne ne comprend au juste le modèle économique, a très gentiment décliné l’offre et a annoncé la mise en place d’un service payant à destination des professionnels.

Le succès de Twitter et de Facebook ne se dément d’ailleurs pas par les chiffres. Dans un billet récent, Mark Zuckerberg, co-fondateur de Facebook, vient d’annoncer 200 millions de membres actifs ! Selon Comscore, 1 internaute sur 4 aurait visité Facebook en février, soit 276 millions de visiteurs uniques. De son côté, Twitter revendique 6 millions de membres et une croissance de 900% en 2008. Comment expliquer cet engouement ?

Le paradoxe des réseaux sociaux est qu’ils n’ont rien de social. Chacun y pousse sa vie – ou ses doubles vies – en parallèle à celles des autres sans qu’il y ait le moindre échange réel. Le réseau social est à la fois l’accompagnateur et le révélateur du mouvement d’atomisation de la société. Dans Facebook, vous créez ou adhérez à des groupes sans y réaliser la moindre « activité ». Les membres des réseaux sociaux restent avant tout consommateurs – ou fans – sans apporter le moindre contenu en dehors de quelques banalités ou de liens assez convenus vers des sites à forte notoriété. Autrement dit, Facebook  buzze le buzz à l’image d’une chaîne d’information continue.

Twitter, quant à lui, apparaît, au premier abord, fort différent. Il permet la mise en réseau de communautés dont les centres d’intérêt sont assez proches. Utilisé par des professionnels soucieux de montrer ce qu’ils font et non ce qu’ils sont, l’information poussée est extrêmement pertinente même si certains confondent encore Twitter et défouloir. Comme la plupart des liens utilisés dans Twitter  pointent vers des sites institutionnels ou d’information, cet autre réseau social contribue, là-encore, à renforcer la notoriété de ceux qui en ont déjà. Comme nous ne disposons pas d’un temps infini à consacrer à Internet, l’augmentation du temps passé sur les réseaux sociaux s’accompagne d’un recul de l’activité dans la blogosphère perceptible à la chute d’activité chez les consommateurs-commentateurs occupés qu’ils sont à vaquer dans les réseaux sociaux.

Mais l’impact de l’utilisation massive des réseaux sociaux va bien au delà de la blogosphère. Le refus des avances de Google par les fondateurs de Twitter en dit long sur la foi qu’ils peuvent avoir en l’avenir. Contrairement à Facebook, Twitter dispose d’un moteur de recherche accessible à tous. Twitter et Facebook apparaissent – chacun dans des registres très différents et aussi complémentaires – les seuls à pouvoir contrer les velléités hégémoniques de Google sur la toile. Quelle peut-être aujourd’hui la réponse des autres poids lourds du net ?

Réseaux sociaux  / Facebook Google Orkut Réseaux sociaux Twitter 

Commentaires

Bonjour Denis. Je ne sais pas de quand date cet article.

> Le paradoxe des réseaux sociaux est qu’ils n’ont rien de social.

Exact. Joël de Rosnay parle de « réseaux sociétaux ». Peut-être serait-il intéressant de promouvoir ce terme, à notre niveau.

Le « social » est tellement mis à toute les sauces qu’on ne sait plus ce qu’il signifie.

De même, le « base » de « base de données » n’est pas explicite.

« Banque de données » l’est bien davantage, une banque étant l’endroit où l’on stocke quelque chose.

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