Cette très, très mauvaise idée de la censure dans les réseaux sociaux !

Dans le cadre de la crise sanitaire que nous traversons, les GAFAM, sous les injonctions des États, sont en train de censurer à tour de bras. La page Facebook de Christian Perronne, du fait de ses positions contre la politique sanitaire des autorités, a été suspendue. Rien, dans les propos du professeur, n’est pourtant contraire à la loi française. Rien à voir, donc, avec les vidéos censurées de Dieudonné sur Youtube ouvertement antisémites et incitant à la haine !

Cette très, très mauvaise idée de la censure dans les réseaux sociaux !

Enfermement et rétractation

Le choix de la censure par les GAFAM, sous la pression des autorités, est une erreur. Elle augmente la défiance très inutilement, à l’heure où les réseaux sociaux restent le seul espace d’information et de débat démocratique. Le risque, à terme, est que nous nous renfermions sur nous-mêmes, dans des gated communities qui ne disent pas leur nom. A l’insu de leur plein gré, les GAFAM dressent, en fait, les gens les uns contre les autres, en les faisant se renfermer sur eux-mêmes. Bref, ce qui ressemblait à un espace démocratique ressemble désormais à des espaces militants extrêmement fragmentés. En censurant trop vite, nous nous privons également de possibilités de démanteler des réseaux dont l’objectif est très clairement de nuire. Le bien peut être aussi l’ami du mal.

Des algorithmes aveugles

Récemment sur mon profil Facebook, évoquant ma cueillette de champignons, je parlais de « tête de nègre » pour qualifier un cèpe. Reprenant ce terme, Nicolas a été temporairement suspendu pour un commentaire goguenard. Je dus sans doute mon salut au fait d’avoir mis des guillemets autour de l’expression ainsi qu’une photo du champignon. Les algorithmes des GAFAM semblent manquer de finesse !

Les fake news des autorités

Je vous avoue mon inquiétude quand j’entends les hommes politiques de ce pays évoquer systématiquement les fausses informations dans les réseaux sociaux, alors que nos autorités ne sont pas en reste de propagation de mensonges et autres fake news. Les Russes ou les Chinois ne sont pas les seuls experts en la matière. La semaine dernière, le ministre de l’éducation nationale, Michel Blanquer, a quand même osé affirmer qu’être vacciné contre le COVID empêchait de le transmettre. Fake news. Et, pour une fois, tous les médias mainstream – aux ordres d’une politique sanitaire pourtant contestable – ont publié des démentis cinglants, renforçant très temporairement le peu de crédibilité qui leur restait encore.

Le camp du bien

Vus comme des concurrents, les médias traditionnels ne sont pas les derniers à hurler contre les réseaux sociaux dans notre pays, tout en dénonçant les restrictions de liberté chez les autres. Ils y voient souvent l’expression de dangereux complotistes, de trumpistes et des militants d’extrême-droite. La reductio ad hitlerum – autrement appelée loi de Godwin – fait partie de ces éléments rhétoriques pour discréditer l’expression alternative, sortant des chemins balisés de la pensée dominante. Et, parfois, des pays censés être des voleurs de liberté peuvent, au contraire, nous donner des leçons de démocratie à l’heure du Web 2.0.

Mangez des pommes

Compte tenu des coûts que représente la modération dans les réseaux sociaux, les GAFAM mettent en place des plates-formes de signalement assimilables à des formes modernes de délation , concourant à l’expression du camp du bien. La délibération majoritaire lisse les contenus, les atrophie, les ampute de pensée complexe et nuancée. Et bien au delà, elle nous empêche de prendre une pomme sur la tête, en procrastinant dans les réseaux sociaux. C’est en glandouillant, en stimulant l’imaginaire, en faisant des pas de côté, que nos sociétés sont susceptibles d’avancer. Il est compliqué pour un automobiliste de conduire un véhicule capable de tourner d’un seul côté. Très vite, il risque de revenir à son point de départ.

Réseaux sociaux  / Fake News