Cette capacité à s’émerveiller qui manque cruellement…

Cette capacité à s'émerveiller qui manque cruellement...Olivier, mon ancien associé, considérait que l’évolution technique n’allait pas assez vite. Il ne comprenait pas pourquoi je continuais à m’émerveiller.

Comprenez-moi… Je suis né en 1964. Le 1er micro-ordinateur que j’ai utilisé, c’était en 1984. J’ai d’ailleurs failli faire partie des laissez-pour-compte de la révolution informatique et numérique. Et puis, tout est allé très vite : les micro-ordinateurs, les PC portables, puis les Raspberry ; les écrans CGA, VGA, SVGA, etc ; les imprimantes matricielles, les jets d’encre et les lasers ; les disquettes 5 1/4, 3 1/2, puis les disques durs et les SSD ; les lecteurs CD, puis les DVD et les Blu-Ray ; les modems et les BBS, puis l’ADSL ; le BNC 10 Mbits, puis le RJ45 passant de 10 Mbits à 10 Gbits et la fibre optique ; le téléphone mobile, le smartphone, puis la tablette ; DOS, Windows, Mac OS X, OS/2, Linux ; l’USB, le NAS, les baies de stockage et le SAN. Ça, c’est pour le matériel et les systèmes !

La loi de Moore a permis la révolution logicielle : le traitement de texte et le tableur ; les bases de données relationnelles ; la retouche d’images, la PAO, la DAO, le montage vidéo et audio ; les langages objet ; l’émulation et la virtualisation ; Internet et le navigateur, la messagerie et le chiffrement ; Emule et Torrent ; le blogging et les réseaux sociaux ; le SaaS et l’ERP. J’en oublie. Là-encore, tout est allé vite. Peut-être même trop vite pour que tout le monde absorbe cette évolution… cette révolution.

Hier soir, je parlais à Frédéric au téléphone et nous évoquions les problèmes que nous rencontrions depuis 3-4 ans environ, face à des publics de plus en plus gazeux et éthérés. Et c’est un euphémisme. Nous avons parlé de nos différences avec cette génération que nous ne comprenions plus et qui ne semblent plus nous comprendre aussi. Et puis, Frédéric a mis des mots sur notre hiatus générationnel : la capacité à s’émerveiller qui, pour nous, est resté intacte. Nous mesurons la chance que nous avons de vivre à notre époque, au cœur de la révolution numérique. J’en ai été un pionnier. J’en reste aujourd’hui un acteur.

 

Perspective  / Loi de Moore 

Commentaires

Bonjour,

N’est-ce pas une réflexion de vieux con que de dire ça ?

Je suis en ce moment en CIF pour faire sysAdmin, j’ai 35 ans et ce que j’observe dans le centre de formation où je suis (celui-ci propose de l’alternance) c’est surtout la médiocrité mise à l’honneur par les plus jeunes. Jeux vidéos, vidéos de personnes en train de jouer aux jeux vidéos. Et rien d’intéressant à leur regard si ce n’est peut-être les trépidants enjeu de la sécurité ou plutôt du piratage.
À mon sens la grosse différence c’est qu’aujourd’hui les sytèmes sont devenus extrêmement complexes et lorsque l’on débute il peut paraître difficile de s’émerveiller.
J’ai commencé à m’intéresser à l’informatique il y a presque 30 ans et le simple fait de pouvoir imprimer un « smiley » (chose qui n’avait pas de nom pour moi) me semblait génial. Sans parler de pouvoir piloter une table traçante par la suite au collège.
Il faut pouvoir commencer avec des choses simples, or aujourd’hui nous sommes inondés d’objets extrêmement complexes et peu chers qui étendent, à mon avis, les limites de l’émerveillement d’autant plus loin.
Je pense qu’il y a 30 ans une personne curieuse et avec un esprit de bricoleur pouvait entrer dans l’informatique et entamer une carrière brillante. – Et puis Prince of Persia c’était sympa 2h mais bon… – Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’il n’y a point de salut pour les non-ingénieurs.

@JF

Sans doute, avez-vous raison. Mais on peut s’émerveiller des choses simples. Du code objet, un logiciel, un hack… La complexité me semble parfois extrêmement feinte. L’informatique a basculé des SSII vers les entreprises utilisatrices jusqu’en 2004-2005. Puis, avec la virtualisation, les salles blanches, le Cloud, elle revient dans les pattes des SSII et surtout des GAFAM qui ont intérêt à entretenir cette complexité. Le logiciel libre n’aide en rien à faciliter la vie des utilisateurs avec des configurations de plus en plus ardues.

Idem émerveillé: // né en 62, premier ordi en école privée en 78 (bac F2) + cnam en journée donc avec des chercheurs.. informatique militaire (univac, mitra) pigiste pour Tilt désassembleur 6502 du temp d’Atari.. Calvacom.. ai pris le virage système unix HPC dès 1992, Alliant, puis stations de travail SGI (nvidia..), origin 2000 et passage enfin.. dans le privé dès 1999, bientôt 20 ans de HPC, en étant passé par la certification virtualisation IBM power (High End), une FPA et.. Loriciel en 1988.. Le club Cenacle en 1985.. les Mémoires à bulles, les cartes perforées..

Content de ne plus être le seul vieux con.. maintenant il me reste 6 à 8 ans d’admin système linux hpc à faire, je laisse l’expertise aux jeunes, en étant content d’avoir trouvé ma voie de progression, en ayant toujours gardé cette curiosité d’apprendre en permanence..
Et dire qu’au départ je voulais faire l’école Boule.. et non booléenne..
(V2 corrigée, v1 a virer stp)
Merci
Laurent D.

@Jean

J’ai parfois la sensation que l’expertise est en de très mauvaises mains. Et en plus, vous n’avez même pas les boules ! ;+)

Et comme dit la chanson « A quoi ça sert d’avoir la bulle si tu n’as pas les boules ! »

Si si, déboule en ronces du noyé..
@laurent

Tu as en partie raison, l’ingenieur se defini, non pas uniquement par son diplôme, mais surtout comme étant autonome au sens « en capacité de l’être chez un client » spit au sein d’une équipe type infogérance, sois à temps plein chez le client souvent pour 3 à 5 ans. Tu peux très bien convoiter ce genre de poste sans avoir le diplôme, juste les bonnes expériences, briques après briques, du coup linux est mieux payé que Windows, linux HPC encore mieux car rare et recherché, l’avantage c’est peu délocalisable… et on s’emerveille presque tous les jours…

La capacite a s’emerveiller est proportionnelle a sa propre jeunesse mentale.
Rares sont les retraites en camping-car a reellement profiter de leur voyage.
Je compte bien que tu gardes cette capacite, Denis, sinon, je te quitte.

Je suis heureux de te l’entendre dire, puisque je trouve la un paradoxe a ton sujet : en ce qui me concerne, dans plusieurs de tes articles, tu refletes justement l’inverse, avec quelques subtilites, je l’avoue :
le pseudonymat si ce n’est l’anonymat sont pour moi des revelations et des composantes de la liberte du net.
les jeux videos ont berce mon enfance et leur subversion ont forme mon esprit critique (ex: fallout 1 & 2 au sujet de la fin de notre monde).

Moi meme me retrouve dans un autre paradoxe explicite par notre ami JF : je n’ai pas eu la chance de voir cette evolution depuis ses debuts. Sa complexite m’a des le depart presque disqualifie de pouvoir en user intelligement. Je suis amer d’avoir laisse filer cette chance, en grande partie, j’en juge du moins ainsi, de part la fatuite de nos institutions educatives qui m’avaient suffisemment revolte pour ne plus vouloir les souffrir.
J’y ai perdu l’occasion d’apprendre.
Comment peut-on considerer si legerement, responsable, un enfant?

@sneek

Je la garderai, je crois, jusqu’à la fin. Parce que c’est elle qui me fait vivre !

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