Tu quoque mi fili, sois devops !

Depuis que j’exerce ce métier, l’informatique est traversé par des modes. L’une de celles du moment a inventé un nouveau mot : le devops. De quoi s’agit-il ?

Tu quoque mi fili, sois devops !

Être devops, c’est un peu comme surfeur ; il faut la panoplie et les éléments de langage qui vont avec. En l’occurrence, pour le devops, il s’agit d’un bouillie de mots tels que Cloud, Orchestration, GitHub, Python, NoSQL, Docker, Kubernetes, Ansible, Terraform… J’en passe et des bien pire. Je vous conseille l’excellent article de Stéphane Robert qui semble au moins savoir de quoi il parle.

Mon souci, voyez-vous, c’est que des devops, je n’en vois toujours pas en entreprise. Je dois vivre dans une grotte. Ah si, la seule utilisation que j’ai vue de ces usines à gaz, ce sont des web services, chez un assureur, lancés à la volée via Docker pour répondre à la charge. A part ça, peau de zébu.

Du coup, nos apprenants, qui voulaient être programmeur de jeux vidéos à la fin des années 1990, pensent à ce nouvel Orthos comme horizon indépassable. Il faut toutefois être sacrément doué en informatique et déployer des compétences exceptionnelles pour prétendre faire en même temps du développement logiciel et de l’administration système, si on y inclut réseau et bases de données. Une grande majorité de ces devops autoproclamés se contentent de récupérer le script d’installation d’une application containérisée sur GitHub en guise de mise en production. Trop pressés de retourner à leurs consoles de jeux, il sont souvent infoutus d’installer les composants système dans une machine virtuelle nécessaires à l’application. En formation, les scripts d’installation de machines dockérisées tournent vite à la catastrophe. Toute nouvelle technologie intègre en elle une catastrophe, comme a su si bien nous l’expliquer Paul Virilio.

Et puis, il y a la réalité. Aidé par un changement de licence, PostgreSQL se substitue à MongoDB. Le moteur de bases de données relationnel prend en charge de nombreuses fonctions JSON et embarque  le mode de stockage hstore du NoSQL. Jos Visser, ingénieur principal chez Amazon, a déclaré récemment que Python est un langage plaisant, inadapté au monde professionnel. Ses faibles performances font qu’il ne représente que 1.5% des langages utilisés sur Internet, à comparer aux 77.4% pour le PHP.

Après les pentesteurs, je vais me faire de nouveaux copains. ;+)

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