Formation : le distanciel doit être l’exception !

Formation : le distanciel doit être l'exception !Lors de la semaine qui a suivi le 1er confinement, j’ai réalisé ma 1ère formation en distanciel. C’était une découverte et il y avait beaucoup d’enthousiasme de part et d’autre à mettre en avant tous les avantages de cette formule que nous pratiquions pourtant assez maladroitement. Moins de temps de transport passé dans les bouchons, moins de carburant, moins de fatigue, beaucoup plus de temps de cerveau disponible. Bref, tout allait au mieux dans le meilleur des mondes.

Au terme de trois années de pratique, le bilan me semble beaucoup moins « rose ». La question des pré-requis nécessaire à la réalisation de ces actions de formations est de moins en moins respectée par les entreprises et par les salariés eux-mêmes. Pour qu’une formation de ce type fonctionne, il faut une connexion Internet rapide et surtout un double écran pour salariés et formateur. En coupant leur micro et leur caméra, nous ne savons même plus ce que font au juste la majorité des stagiaires censés suivre la formation. Éloignés les uns des autres, nous ne pouvons plus nous appuyer sur les interactions non verbales indispensables à l’exercice de nos métiers.

Pour certains, la formation en distanciel est devenue un droit au même titre que le télétravail. Pour les centres de formation, c’est un moyen de diminuer leur coût et de disposer d’un vivier de formateurs toujours plus important, pioché auprès d’entreprises dont ce n’est pas le métier. Les stagiaires se retrouvent face à des gens – jeunes ou vieux – peu expérimentés et souvent incompétents, dont le niveau de culture générale est inversement proportionnel au nombre de fautes qui jonchent leur gribouillis sur leurs tableaux blancs virtuels. Un groupe de stagiaires m’a récemment raconté que le formateur était manifestement au volant de sa voiture au moment où il était censé donner sa formation.

Du haut de ces 3 années d’expérience, j’ai acquis la certitude que ce mode de formation est contre-productif au delà de 6 stagiaires. En l’absence de respect de ce critère, il n’a même strictement aucun intérêt et l’argent englouti par les régions, Pôle Emploi et l’État l’est en pure perte. Je me souviens encore de ce groupe de 24 stagiaires en POE que j’étais censé former à GLPI. Au final, seuls 3 d’entre eux ont réellement suivi la formation, les autres ayant considéré que la formation était sans intérêt. Il est temps pour les financeurs de mettre le holà à un mode de production qui doit rester l’exception là où le présentiel doit être la règle.

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