En finir avec le distanciel

J’encadre en ce moment une formation PRF préparant au diplôme AIS. Et c’est très compliqué ! Pour l’essentiel, ce sont des « jeunes » qui cherchent à parfaire leurs compétences de façon à être plus facilement employables. L’an dernier, sur les 8 DBA qui ont passé leur diplôme, trois d’entre eux ont réussi à l’obtenir.

A moins d’un mois de la fin de la formation en centre, deux d’entre eux seulement ont avancé sur leurs dossiers professionnels. A partir de la fin juillet, ils doivent effectuer 50 jours de stage en entreprise, avec un rapport professionnel à la clé sur lequel ils seront évalués par un jury. Deux d’entre eux sur les 10 n’ont toujours pas de stage. Bref, pour la majorité d’entre eux, leur absence de mobilisation, leur travail personnel, leurs compétences sont largement insuffisants pour obtenir ce diplôme. Les retards, les soucis de concentration, le téléphone mobile, l’absence de prises de notes rendant impossible la structuration de la pensée ne sont pas de nature à aider l’apprentissage et la montée en gamme.

La région Normandie a imposé 20% de formation en distanciel et c’est une catastrophe pour ce type de public qui n’a pas besoin de ça pour cyberglander. Évitons de parler des formateurs. L’an dernier, sur un autre groupe, un des formateurs était en voiture sur son téléphone mobile durant un moment de la formation. Les stagiaires n’ont rien pu apprendre avec un tel gugusse. Un autre formateur du sud-ouest de la France leur a fait du VMware vSphere 5.5, une version sortie en 2013. Nous étions alors en 2023.

En finir avec le distanciel

Bref, j’ai retrouvé à l’issue de cette semaine passée en distanciel un groupe totalement démotivé qui est parvenu à me désespérer au point où, mardi, j’ai failli tout claquer. Si c’est compliqué pour eux, ça l’est encore plus pour moi compte tenu de mon échouage à leur faire intégrer un peu de mes 35 années de compétences et d’expérience technique dans le domaine de l’informatique professionnelle. J’ai souvent la sensation d’être sur une autre planète et je repense à mon maître, Jean-Michel Vallet qui aura su si bien nous former en 1988-1989 au GRETA Elbeuf Vallée de Seine. Autre époque, autres gens…

Retour sur le passé

Lorsqu’en 2020, nous avons fait les 1ères formations en distanciel dès le 1er confinement, les apprenants découvraient ce nouveau mode d’apprentissage très imparfait. Nous vivions une expérience qui nous plongeait dans le meilleur des mondes. 6 mois plus tard, c’était devenu du grand n’importe quoi. J’ai encadré une formation sur GLPI pour 24 techniciens. Dès les 1ères heures, l’immense majorité des participants ne suivait plus, trouvant le contenu trop compliqué. J’ai alors fait le choix d’avancer pour 3 d’entre eux qui en voulaient vraiment. Au delà de 4-6 personnes, les formations à distance sont juste impossibles.Voilà la sinistre réalité que les financeurs à l’image de la région Normandie feraient mieux de comprendre !

Nous foutons des milliards d’argent public par les fenêtres en finançant des centres de formations qui profitent du distanciel pour faire davantage de marge et pour payer des formateurs au rabais venus de Tombouctou-les-Ouailles. Il faut arrêter cette gabegie. Il faut en finir avec le distanciel et le télétravail devenus des moments de cyberglandage généralisé, facteurs de la dégringolade de la productivité.

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