Formation : l’heure est au blended !

La culture des tomates, ce n'est pas que sous serre qu'elle se réalise !En matière d’alcool et tout particulièrement en matière de whisky, les blended sont de très mauvaises boissons élaborées à partir de mélanges. Ma discussion avec une ingénieur de formation d’un centre avec lequel je travaille m’a laissé quelque peu pantois. Tout m’indique que la culture hors sol s’étendrait désormais bien au delà de la culture des tomates. Les « clients »  – oui, mettons-y des guillemets – exigeraient des centres de formation des parcours moins traditionnels, plus individualisés où l’autoformation y aurait une part de plus en plus importante. Le formateur, dans ce dispositif, joue alors le rôle d’aiguilleur au milieu d’un hub de ressources mises à disposition par des partenaires et des éditeurs. Le centre qui ne produisait déjà pas grand chose ne produit plus rien en dehors de quelques gentils petits animateurs en charge de diffuser la bonne parole. Mais de quels clients parle-t-on ? Du financeur, des jeunes (???), des demandeurs d’emploi ou des salariés d’entreprise ?

Des clients NG (1) ?

C’est bien là où est le problème. Lorsque mon interlocutrice évoque un changement générationnel, je serais, pour ma part, un peu plus circonspect. Il est très rare de rencontrer aujourd’hui des personnes en formation longue capables de mobiliser leur attention sur une séquence de plus de 15 minutes. La faute à qui ? La faute à quoi ? Ces braves gens sont très souvent davantage préoccupés par les SMS qu’ils reçoivent et les écrans qui s’animent au gré de leurs cyberglandages. Ils confondent très souvent formation et occupation du temps qui passe. Ils loupent ainsi une grande partie des contenus diffusés quelles qu’en soient d’ailleurs leur valeur ajoutée et accessoirement la qualité du formateur. Cela ne les empêche pas d’ailleurs d’obtenir leur « titre » – évitons de parler de diplôme –  dont vous aurez compris qu’à quelques exceptions, il n’est qu’un simple bout de papier !

Quand nous les retrouvons en poste, leur attitude a changé de manière irrémédiable. Ce sont des salariés qui recherchent au travers de formations courtes (de 2 à 5 jours maximum) une montée en puissance sur un logiciel, une technologie. Ils recherchent de l’efficacité et de l’efficience. Ce sont donc bien les conditions en centre – comme celles rencontrées en entreprise d’ailleurs – qui les amènent à un comportement diamétralement opposé.

La vérité est ailleurs.

Ce n’est pas parce que quelques gugusses nous expliquent un monde qui n’existe pas qu’on est obligé de les croire. Non, les « clients » n’attendent pas de se retrouver livrer à eux-mêmes, à bailler aux corneilles comme ils le font pour la plupart d’entre eux sur des cursus d’autoformation. La formation, ce n’est pas non plus balancer dans les pattes des stagiaires des tuteurs low-cost sans aucune expérience, dont la production consiste à réciter des diaporamas présentant des fonctionnalités accessoires, voire totalement inutiles. La réalité, c’est qu’avec les formations blended, le centre de formation n’a strictement plus aucune valeur ajoutée. Le tropisme de la culture du chiffre au service d’un tout petit nombre ne peut pas ignorer complètement le principe de réalité !

(1) Nouvelle génération

Formations  / Cyberglandage 

Commentaires

Les formateurs ne sont guidés que par le profit , comme tout être humain à ce jour. L ‘attention d’une personne est ainsi faite qu’au bout d’un quart d’heure elle retombe. Ne cherchait pas une excuse pour dire que les personnes en formation sont dissipées. C’est ainsi ! Même pour pour les meilleurs ! Oh ! Pardon ! Vous parliez peut être de rentabilité ?

Jeannot

@pianelli

Votre propos est extrêmement réducteur. Et il est très difficile, me semble-t-il, que le fonctionnement de l’espèce humaine se réduise à la recherche du profit maximum.

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