Lettre à Véronique

Lettre à Véronique

Chère Véronique,

Hier soir, Isabelle m’a appris le décès de Marc au terme d’un combat de plusieurs mois contre la maladie. Je voulais te dire toute mon émotion, ma profonde tristesse, mon incompréhension. Avec Jean-Michel et Patrick, Marc est un de ceux qui ont le plus compté pour moi, professionnellement et humainement. Il a su me faire confiance dès 1990. C’est en grande partie, grâce à lui, que je dois d’exercer ce beau métier de formateur-consultant.

C’est en 1998 qu’il m’a confié pour la 1ère fois la coordination de la formation MMI (Maintenance Micro-Informatique) que nous avions rebaptisée ensemble MOSAR (Maintenance Orientée Système et Administration Réseau). J’ai cessé mes activités avec le GRETA Elbeuf Vallée de Seine en 2001. Au cours d’une réunion avec Guy Déhan, j’avais compris que le GRETA avait décidé d’arrêter les formations qualifiantes. J’en ai voulu à Marc… très injustement. Il avait évidemment raison. Il fallait prendre le virage des formations diplômantes. Marc connaissait le GRETA comme sa poche. Il en voyait les limites et les forces. Et, sans possibilité de recourir à des personnels internes qualifiés dans les domaines de l’informatique professionnelle, il n’y avait aucune possibilité de prolonger les actions de formation initiées par Jean-Michel Vallet ou moi-même.

A juste titre, il avait été profondément déçu de mon attitude. J’ai fait à l’époque une grave erreur d’analyse et de jugement. Là où je voyais à court terme, Marc avait, en réalité, une vision stratégique de moyen et long terme. Il aurait pu être directeur du GRETA. Il en avait le talent, les capacités, le charisme. Il ne l’a pas voulu.

Marc a beaucoup compté pour moi et, encore dernièrement, je pensais à lui. Je me souviens des heures qu’il passait dans son bureau à nous écouter. Je le voyais comme un perfectionniste. Ses yeux nous transperçaient : il savait très vite à qui il avait à faire.

Il est donc décédé, alors qu’il était en retraite depuis plus de 2 ans. Quelle injustice ! Il aura marqué de son empreinte des milliers de personnes, en leur permettant, après les avoir choisies, de disposer d’une formation et d’un métier, de compétences et de savoir-faire. Je garderai de Marc l’image d’un homme bienveillant. A jamais.

Bon courage à toi et à vos enfants,

Denis.

De tout et de rien /