Cyberglandage : le nouveau genre humain ?

Hier après-midi, alors que je délivrais mon cours de SQL aux étudiants de 3e année, je les voyais tous très affairés derrière leurs écrans d’ordinateur. Il aura tout de même fallu plusieurs minutes à certains d’entre eux pour se rendre compte que j’avais troqué le SQL pour un atterrissage manqué  en Tupolev sur une carotte à Tombouctou, alors que je devais me rendre à Mourmensk pour colmater une fuite sur un sous-marin nucléaire ! Que voulez-vous… j’ai une vie trépidante.

Le cyberglandage reste préférable au branlage des dindons. Quoi que…

En termes d'utilité sociale, le branlage de dindons est-il supérieur à la sérendipité ?C’est en discutant avec un étudiant amusé par mes digressions sur Facebook et les réseaux sociaux que je compris enfin pourquoi ils semblaient si affairés sur Internet. J’avais en face de moi une génération sacrifiée, qui ne connaît rien à l’usage des fils Rss. C’est difficile à croire. Alors je vais vous la refaire au ralenti. Âgés de 21 et 22 ans, la majorité des jeunes n’y comprennent rien à l’utilisation d’Internet ! ;+) Certains appellent ça de la sérendipité, d’autres de la curation. Prosaïquement, je parlerais de cyberglandage.

Oui, ils glandent, ils cyberglandent, au gré de leurs clics, passivement, naviguant sans peine de Tombouctou à Mourmensk sans même s’en rendre compte, pour tuer le temps qui passe. Au grand dam de Patrick Lelay, j’ai peur qu’ils en aient perdu leur capacité de cerveau disponible, à naviguer là sans but, se gavant d’images, de vidéos qui s’évaporent de leurs nouvelles limbes au bout de quelques petites minutes secondes ! De ce qu’ils auront fait, de ce que je leur aurai dit, de mon nom même, il ne leur restera rien, sauf mon histoire de Tupolev.

 

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