L’informatique a la tête dans les nuages !

En 2009, le marché du cloud computing a progressé de 20%. La course de vitesse à laquelle se livrent les éditeurs à l’image de Google ou de Microsoft renforce la perception « totalisante » d’une tendance de fonds qui s’empare désormais des entreprises utilisatrices. Selon le cabinet Pierre Audoin Consultants, la part du SaaS (voir ci-dessous) dans le marché des logiciels et des services devrait passer de 1.5% en 2009 à 13% en 2015 ! Malgré les études moins favorables des cabinets d’étude CA et de Forrester qui montrent les réticences des entreprises françaises vis à vis du cloud, le gouvernement français vient de débloquer 700 millions d’euros dans le cadre du grand emprunt pour développer cette activité dans notre pays. Cet engouement se retrouve dans les pays émergents tels que la Chine. Selon Gartner, le marché mondial du cloud computing aurait atteint 56 milliards de dollars en 2009.

Le marché du cloud computing en Europe a crû de 20% en 2009

Qu’est-ce que le cloud computing ?

Communément désignée sous l’appellation « informatique des nuages », le cloud computing se divise en 3 branches :

Tous ces services sont loués à des fournisseurs spécialisés. Dépossédée de son informatique, l’entreprise perd en autonomie quant aux technologies utilisées. D’un autre côté, elle peut se concentrer sur ses métiers.

Le cloud computing

Free Cloud Alliance et Open Cloud Manifesto

De façon à faire face au risque réel de perte d’autonomie, Tiolive, Nexedi, Ielo et Mandriva ont posé lundi 29 mars les bases de la Free Cloud Alliance. De quoi s’agit-il ? Les 4 acteurs français entendent proposer une offre basée sur un référentiel de briques entièrement « libres » en opposition à l’offre de Salesforce et Amazon. L’objectif est de permettre aux entreprises de rester maître du contrôle de leurs données en privilégiant notamment l’interopérabilité. A qualité de service égale, il s’agit aussi pour les entreprises attirés par le cloud computing de payer moins cher.

Cette préoccupation n’est d’ailleurs pas spécifique à la France. AMD, Cisco, EMC, IBM, Novell, VMware et Red Hat ont rejoint l’Open Cloud Manifesto. A l’image de la Free Cloud Alliance, le consortium international prône l’interopérabilité des nuages. Amazon et Microsoft ont, pour l’instant, fait le choix de faire cavaliers seuls.

Et la sécurité dans tout ça ?

La première interrogation qui se pose à nous est comment assurer la confidentialité des données de l’entreprise alors que la « guerre économique » fait rage dans une période de ralentissement économique généralisé. Dassault, Areva, Edf, Airbus peuvent-ils faire héberger leurs données stratégiques aux Etats-Unis, en Inde ou en Chine ? Clairement, la réponse à cette question, c’est non !

Le deuxième problème qui se pose à l’entreprise est la fiabilité du prestataire. En cas de faillite, comment l’entreprise qui a confié l’intégralité de son infrastructure peut-elle reconstituer un système d’information reprenant les données qui sont issues de la plate-forme du prestataire ? Dans ce cadre, les inititiaves de l’Open Cloud Manifesto et de la Free Cloud Alliance prennent tout leur sens.

Le dernier problème est de savoir comment se prémunir vis à vis d’un risque d’accident global lié au dysfonctionnement d’un des hubs de l’Internet national ou mondial ou d’une faille de sécurité touchant aux infrastructures déployées ? Sans aller jusque là, signalons les nombreuses pannes à répétition auxquelles a été confronté Google au cours de ces derniers mois.

Consommation énergétique

Dans un rapport récent, Greenpeace attribut le bonnet d’âne à Facebook en terme d’émissions de gaz à effet de serre. Pour son datacenter de l’Oregon, l’éditeur du plus grand réseau social mondial a contractualisé avec PacificCorp qui produit l’électricité qu’il livre à Facebook exclusivement au charbon. Peut mieux faire !

Greenpeace affirme, dans son rapport, que la consommation des datacenters devrait augmenter par 4 entre 2007 et 2010 pour atteindre la consommation réunie de la France, de l’Allemagne, du Canada et du Brésil .

De leur côté, Google et Yahoo! tentent de privilégier les énergies renouvelables à l’image du centre Yahoo! de Buffalo, dans l’état de New York, alimenté par une centrale hydroélectrique.

Un tiers de l’électricité consommée dans les datacenters est consacré à refroidir les serveurs. Les gisements en terme de réduction de la consommation énergétique sont considérables.

Dsfc Dsfc

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Commentaires

Ce que vous ne dites pas, c’est que Facebook a divisé par 2 sa consommation d’énergie en changeant d’architecture logicielle. Cf : http://www.greenit.fr/article/energie/hiphop-for-php-facebook-veut-reecrire-php

@Green IT

Ce dont je me souviens, c’est que Google, il y a 4 ans , c’était 500000 serveurs. Aujourd’hui c’est deux millions.

Entre temps, Google a-t-il diminué par 4 la consommation énergétique de ses serveurs ? Autrement dit, concernant , Facebook, la progression de serveurs se fait à quel rythme exactement ?

Ne soyons pas dupes : à L’heure où le congrès américain veut imposer des restrictions de consommation aux datacenters, les acteurs du cloud communiquent pour nous expliquer qu’il sont vertueux. C’est d’ailleurs sans doute vrai.

@Green IT

D’accord.

@denis : « les acteurs du cloud (…) seraient plus vertueux ». J’en doute. Malheureusement. Deux raisons :
1) ils se focalisent sur les économies d’énergie sur la phase d’utilisation (ils oublient donc l’énergie grise),
2) la logique économique prévaut. Mieux vaut donc changer un serveur dès qu’il est amorti si un nouveau modèle consomme moins.

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