Rétrospective

2011 : la mort de Dennis Ritchie, père du langage C et du système Unix

Par       29 décembre 2011  - Catégorie(s): Rétrospective  Rétrospective

Dennis MacAlistair Ritchie, père du langage C et du système UnixDécédé en octobre 2011, à l’âge de 70 ans, Dennis MacAlistair Ritchie était l’un des pères du langage C et du système Unix. L’informatique lui doit beaucoup.


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Rétrospective 2010 en informatique

Par       28 décembre 2010  - Catégorie(s): Rétrospective  Rétrospective

Pour ceux qui auraient été distraits par leurs "geekeries", iPhone ou iPad,  je tenais à vous offrir une séance de rattrapage. L'année 2010 - une année de consolidation  selon Forrester - aura été très riche.

Internet : moteurs, réseaux sociaux, cloud computing, ipv6 et les navigateurs

Cette année, deux moteurs de recherche sont morts et enterrés : Cuil a mis la clé sous la porte et Ask arrête son développement. L'année 2011 sera marquée par la fusion de Yahoo! et de Bing. Au final, il ne restera plus que trois technologies de moteurs : Google, Exalead racheté cette année par Dassault Systèmes et Yahoo! - Bing. En progression dans l'ensemble des pays du monde, Google devient le moteur de recherche dominant. De nombreuses voix se font entendre sur le fait que Google serait, sans doute, le nouveau diable du fait de sa situation dominante en matière de recherche Internet ! A lui seul, Google représente 6.4% du trafic mondial. [caption id="" align="aligncenter" width="525" caption="Google représenterait 6.4% du trafic mondial !"]Google représenterait 6.4% du trafic mondial ![/caption] L'année 2010 aura été dominée par deux phénomènes en terme d'usages : Avec plus de 500 millions d'utilisateurs, Facebook est devenu un véritable phénomène. Le Time ne s'y sera d'ailleurs pas trompé en élisant Mark Zuckerberg l'homme de l'année. Twitter, avec 200 millions d'utilisateurs, n'est pas en reste. Il est devenu le 2e moteur de recherche... derrière Google qui a d'ailleurs cherché à racheter Twitter pour 4 milliards de dollars. Après l'échouage en eaux profondes d'Orkut, Google devrait proposer, au cours de l'année 2011, un nouveau réseau social : Google Me. De son côté, Facebook devrait intégrer dans les prochaines semaines la messagerie à ses services avec Facebook Messages. La bataille fait rage entre les deux géants de l'informatique sur le terrain de la messagerie unifiée  ! Google est même suspecté de scanner le contenu des mails hébergés sur Gmail. Malgré son succès rencontré en matière de messagerie instantanée, Microsoft semble sur le reculoir. Le développement des réseaux sociaux a amené d'ailleurs Microsoft à les intégrer à la nouvelle version de son logiciel de messagerie, Outlook 2010. De son côté, MySpace a renoncé à ses ambitions généralistes pour devenir la plate-forme n°1 en matière de réseau social musical. Quant à Diaspora, on allait voir ce qu'on allait voir et on a toujours rien vu !!! En matière d'Internet, c'est aussi l'explosion du cloud computing. En réponse à Google Apps, Microsoft propose Office 365. Oracle n'est pas en reste. Après le rachat de Sun, l'éditeur propose la licence de Oracle OpenOffice Enterprise Edition en mode perpétuel à 71 euros la licence !!! En fait, l'élan des éditeurs vers le cloud computing est dû essentiellement à l'explosion des débits. L'IEEE vient de ratifier l'Ethernet 100 Gbits. L'ADSL avec SuperMIMO atteint désormais les 700 Mbits. L'augmentation des débits amène une véritable démocratisation des prix. OVH propose désormais le SDSL 5 Mbits à 25 euros HT par mois. L'augmentation des débits n'est pas sans poser de problèmes. Le durcissement des lois - avec la création en France de la Hadopi - n'aura pas mis un coup d'arrêt à la frénésie des Internautes à pirater. En 2010, le streaming vidéo et les plates-formes de téléchargement de fichiers auront pris le pas, en terme d'usage, sur le P2P ! Dès lors, pour faire face à l'explosion de ces nouveaux usages, les FAI apportent des réponses qui mettent à mal la neutralité du Net ! C'est ainsi que Free est  suspecté de procéder au bridage des lignes. L'opérateur reste d'ailleurs bien silencieux sur cette question. Alors que les usages Internet se multiplient, la pénurie d'adresses Ip devrait intervenir au 1er trimestre 2011 selon Hurricane Electric. En France, le seul opérateur à proposer l'Ipv6, c'est Free. Le fournisseur d'accès Internet propose à chaque particulier 264 adresses Ipv6. Dans les entreprises, rien n'est prêt en termes de compétences, d'applications et aussi de matériels. Pour les opérateurs de téléphonie, quelles seront les conséquences de la migration vers l'Ipv6 ? Le développement de l'Internet, l'alourdissement des pages amènent les éditeurs  à accélérer l'interprétation des pages et tout principalement du Javascript dans les navigateurs. De ce point de vue, Firefox se fait aujourd'hui dangereusement concurrencé par des navigateurs bien plus véloces que lui : Opera, Internet Explorer 9 ou encore Chrome/Chromium de l'américain Google. L'année 2011 devrait être marquer par l'arrivée du HTML5 et du CSS3. Dès aujourd'hui, se posent alors les éternels problèmes de la compatibilité ! L'intégration de fonctionnalités multimédia au HTML5 devrait reposer la question du choix des technologies de développement web. Après avoir annoncé la mort du Flash, Steve Jobs et Apple ont fait un virage à 180° quant à l'utilisation de la technologie d'Adobe sur les iPhone et les iPad. De son côté, Microsoft continue de pousser Silverlight alors que Flash semble avoir définitivement gagné la partie.

Infrastructure : GreenIT, virtualisation, supervision, sécurité et stockage

Le développement du Cloud Computing et l'augmentation des débits, des usages posent également la question de l'efficacité énergétique. Malgré la pénurie relative de transformateurs (notamment en région parisienne), l'année 2010 aura été marquée par la multiplication un peu partout en France des datacenters et des salles blanches. Sensibilisés par plusieurs pannes qui se sont produites au cours des années précédentes, les pouvoirs publics ont publié un décret le vendredi 2 avril 2010 au Journal Officiel qui oblige désormais à un audit du système de climatisation. Le souci de la "GreenIT" amène de plus en plus les constructeurs à communiquer aux limites d'un GreenWashing de mauvais goût. Et c'est ainsi que Hewlett Packard a proposé d'alimenter ses salles informatiques avec... de la bouse de vache !!! Afin d'augmenter l'efficacité énergétique de micro-ordinateurs qui peuvent prétendre à 64 cœurs par processeur, la virtualisation s'est consolidée dans les entreprises au cours de l'année 2010. Vmware, le leader des solutions de virtualisation, a fait évolué ESX Server vers Vsphere Esx. Rappelons que Vsphere Esxi reste totalement gratuit ! De son côté, Microsoft tente de combler son retard avec Hyper-V en proposant des licences Windows 2008 Server gratuites. S'il fallait un indicateur de l'explosion du nombre des serveurs, l'émergence de nouvelles solutions de supervision en ferait partie à coup sûr. Concurrencé par Zabbix, Nagios continue d'évoluer autour notamment de FAN et de EON. Il vient d'ailleurs d'être réécrit en Python. Le basculement vers une informatique des nuages avec un poste de travail en environnement ouvert posent aussi la question de la sécurité. Les failles n'ont jamais été aussi nombreuses. De 2005 à 2010, les avis et alertes du CERTA sont passées de 523 à 654, soit une hausse de 25%. Il faudrait évidemment relativiser ce chiffre en le rapportant au nombre d'applications utilisées qui n'a jamais cessé d'augmenter. De nombreux outils nous permettent de tester les vulnérabilités de nos réseaux. Citons pêle-mêle des LiveCD tels que BackTrack, NodeZero ou encore Fedora Security des pare-feux tels que NuFW et des solutions de sécurité telles que PacketFence qui inclut l'IDS Snort et le scanner de vulnérabilités Nessus. Dans ce domaine les solutions Open Source sont devenues la règle. Pour les entreprises qui continuent de gérer l'ensemble de leurs serveurs et notamment le stockage, l'année 2010 aura été celle de l'émergence de la déduplication de données et de l'iSCSI face à un Fiber Channel trop coûteux. A noter que la solution Open Source FreeNAS prend en charge le iSCSI !

Linux et l'Open Source, la station de travail

Malgré son développement dans le monde de serveurs, Linux ne parvient toujours pas à percer sur le poste de travail. Il représente 1.4% des accès Internet. Avec 2.4%, le Mac qui s'appuie désormais sur un noyau BSD ne semble toujours pas décoller . La Gendarmerie Nationale va déployer Ubuntu sur plus de 8500 machines. Ubuntu est en passe de devenir le standard Linux de la station de travail, là où Red Hat, Suse, OpenSuse et CentOS sont en train de marquer de leur empreinte indélébile l'environnement de serveurs d'entreprise. Red Hat vient d'ailleurs de passer en version 6 en cette fin d'année. Les Russes, de leur côté, s'apprêtent à développer un nouveau système d'exploitation basé Sur Linux. La Chine prépare son propre Windows. Comprenne qui pourra ! Le rachat de Sun par Oracle a marqué l'actualité de l'Open Source. De ce rachat, sont nés deux "forks" : MariaDB et LibreOffice. Zimbra a été racheté par Vmware. IBM poursuit le projet Symphony. Mandriva a failli sombrer. Le logiciel libre progresse en entreprise. Pour autant, Windows reste bien là. Malgré la sortie de Windows 7, les entreprises n'ont toujours pas réellement entrepris leur transhumance. Du coup, Microsoft a été amené à maintenir le support de Windows XP jusqu'en 2014. Aucune société n'est autorisée à commercialiser Windows XP sur de nouveaux ordinateurs. Windows 7 possède à l'évidence de grandes qualités. Mais il lui reste le défaut d'être un système d'exploitation excessivement gourmand et, de ce fait, peu adapté au parc existant. La crise économique de 2008 aura retardé les décisions d'investissement des entreprises dans bien des domaines. 2011 pourrait être l'année du début de la grande migration. En 2011, la station de travail à base de processeur x86_x64 pourrait connaître une évolution majeur avec la disparition du BIOS qu'on nous annonce depuis plusieurs années maintenant.

Développement : base de données, méthodes, langages

Si le rachat de MySQL par Sun avait fait des vagues, celui de MySQL par Oracle aura été un véritable Tsunami.  Et pourtant, Oracle continue de faire évoluer MySQL. Malgré des fonctionnalités remarquables en matière de réplication, MySQL manque de fonctionnalités essentielles : toujours pas de check constraint en vue sur les tables MyISAM et InnoDB !!! Dans ce domaine, l'année aura été marquée par les bases de données NoSQL : MongoDB, Cassandra qui a été choisi par Twitter et Digg. Contrairement aux bases de données relationnelles, le stockage dans les moteurs NoSQL est orienté "colonne". Ils permettent notamment d'utiliser des mécanismes de compression dans le cas où les données dans la colonne sont redondantes. Pour autant, le monde de la base de données relationnelles continue d'évoluer autour d'Oracle, d'Ingres, de 4D, de SQL Server, de PostgreSQL , de MariaDB ou de Firebird. A noter la naissance d'un petit dernier : Cubrid ! Les bases de données relationnelles ne sont pas prêtes de disparaître. Sans doute devront-elles faire évoluer leur moteur de stockage dans les années à venir pour s'adapter aux nouveaux usages  !!! Pour mettre en œuvre les applications qui manipulent et stockent les données dans les bases SQL ou NoSQL, les langages continuent de progresser et de se multiplier. Les EDI (Environnement de Développement Intégré) évoluent. Microsoft a sorti, cette année, Visual Studio 2010. MonoDevelop est désormais disponible sur Windows. L'offre Open Source n'est pas en reste. C#, Java, C, C++, Php, Python ou encore Vala - le dernier né de l'année 2010 - rivalisent de fonctionnalités pour la prise en charge d'une complexité non feinte demandée par l'utilisateur à l'insu de son plein gré ! La gabegie applicative coûte d'ailleurs 6% du budget informatique des entreprises. Selon Tiobe, les langages les plus utilisés seraient dans l'ordre :
  1. Java (18%)
  2. C (16%)
  3. C++ (9%)
  4. PHP (7.5%)
  5. C# (6.7%)
  6. Python (6.5%)

[caption id="" align="aligncenter" width="518" caption="Le classement des langages les plus utilisés selon TIOBE"]Le classement des langages les plus utilisés selon TIOBE[/caption] Le paradoxe de la complexité est qu'elle exige de plus en plus de simplicité quant aux méthodes à utiliser pour concevoir les applications. Avec eXtreme Programming, Scrum ou encore RACHE, Les méthodes agiles sont en train de s'imposer au cœur de  la gestion de projets informatiques. 70% des développements se terminent en retard ou ne se terminent pas du tout !!! Les méthodes agiles permettent d'établir un autre type de relation client-fournisseur plus équilibrée et  plus coopérative : le fournisseur peut être payé sur la base de recettages intermédiaires ; le client a la garantie, par les livraisons partielles, de la concordance de la production réalisée avec le cahier des charges de l'application. Le Php continue sa percée dans le domaine des CMS Open Source. Drupal a été choisi par la Maison Blanche. Microsoft a confié à WordPress la gestion des blogs de sa plate-forme Windows Live. Du fait qu'il est interprété et face à des exigences de performance de plus en plus grandes, Facebook a mis à disposition un environnement Php, HipHop,  permettant d'exécuter les scripts en mode compilé. L'objectif est de proposer une solution à la lenteur du Php. Rien en vue sur l'évolution à venir de Php : Php 6 est au point mort ! Côté Java, la déchirure est consommée entre Oracle et Apache. La fondation Apache vient de démissionner du Java Community Process. Dans le même temps, Apple, IBM et Oracle viennent de s'allier dans OpenJDK. Pour contrer ses adversaires, Oracle, en gage de son souci de développement et d'ouverture autour de Java, vient de proposer un accès gratuit à JavaOne pour les étudiants.

Tendances et emploi

L'année 2010 aura été marquée par le développement d'un fonctionnement informatique multimodal dans les entreprises : client léger, client lourd, serveurs hébergés, cloud computing, applications SaaS, externalisation de la messagerie et parfois du stockage. 2011 devrait produire une rupture plus franche encore avec l'arrivée d'IpV6 et l'augmentation attendue des débits, permettant le renforcement de l'Internet dans l'informatique des entreprises. Malgré les effets d'annonce et le grand emprunt, la France reste à la traîne en matière de haut-débit. Par rapport à des pays tels que la Corée et le Japon qui ont fait le choix de la fibre, notre pays subit un véritable désavantage (ou désastre ?) compétitif ! En France, en 2009, le secteur informatique a détruit entre 7000 et 10000 emplois. Avec 35000 créations d'emplois prévues entre 2010 et 2015, le secteur de l'IT en France est très loin derrière le secteur de la construction avec 149000 créations d'emplois. Pour autant, les Français consacrent, en moyenne, un mois de salaire par an pour leurs achats multimédias et autres geekeries. Nous ne produisons plus rien ou presque : nous consommons ce que nous importons  ! Fleuron de notre économie, l'industrie du logiciel est aujourd'hui sur le déclin vis à vis de nos voisins européens. La France est aujourd'hui 3e en Europe avec 3.07 milliards d'euros générés là où nos voisins britanniques et allemands font respectivement 6 et 13.839 milliards d'euros. "L'optimisme est une fausse espérance à l'usage des lâches et des imbéciles" – Georges Bernanos [caption id="" align="aligncenter" width="504" caption="La France, 3e pays européen en matière d'industrie du logiciel !"]La France, 3e pays européen en matière d'industrie du logiciel ![/caption] Sources : le blog de l'école informatique Exia.Cesi, le Twitter de l'école informatique Exia.cesi Crédit photos : Le Monde Informatique, Arbor Networks, TIOBE

 Dsfc


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Happy birthday, Mister Windows !

Par       4 décembre 2010  - Catégorie(s): Rétrospective  Rétrospective

[caption id="" align="alignright" width="170" caption="Windows fête ses 25 années !"]Windows fête ses 25 années ![/caption] Le 20 novembre dernier, Windows soufflait ses 25 printemps. En 1982, Microsoft lance le projet Interface Manager. 3 années plus tard, Windows 1.01 est dans les bacs. S'appuyant sur un MS/DOS 3.0, le nouveau système offre une interface graphique. Il s'exécute en mode 16 bits et nécessite 256 Ko de RAM. C'est une révolution. Je me souviens encore de la version 2.0 sous laquelle j'ai commencé à travailler en 1988.

Quel bilan ?

Il y a eu de grandes réussites réalisées par Microsoft. Nous nous souvenons tous de  Windows for Workgroups 3.11, Windows NT 4.0, Windows 98 Second Edition,  Windows XP et Windows 2003. Et, il y a eu aussi quelques échouages en eau profonde tels que Windows Me et Windows Vista. Le doute et l'incertitude planent encore sur Windows 7 et Windows 2008. Tous ces produits ont profondément modifié notre rapport à l'informatique. Naguère enfermé dans sa tour d'ivoire, l'informaticien a dû apprendre à partager son pouvoir avec les utilisateurs et ensuite avec les directions d'entreprise. La force et la réussite de Microsoft résident dans la didactique des interfaces graphiques de ses logiciels : faire comprendre simplement ce qui est compliqué ! C'est avec Windows 95 OSR2 que Microsoft a effectué son plus grand virage. Alors que Bill Gates continuait de croire en janvier 1996 qu'Internet était réservé aux universitaires,  6 mois plus tard, Microsoft embarque Internet Explorer dans Windows. C'est la naissance de l'Internet grand public. Nous devons collectivement beaucoup à Microsoft, Bill Gates et à Windows. Alors, une fois n'est pas coutume : merci pour tout ce que vous nous avez permis de faire !!! Que nous le voulions ou pas, nous sommes tous des enfants de Microsoft. Cela ne doit pas nous empêcher de rester critiques vis à vis de la logique propriétaire, des brevets qui tuent l'innovation. Nous sommes entrés dans un monde multipolaire où cohabitent Windows et Linux, les logiciels propriétaires et le monde de l'Open Source. Et, dans ce monde, plus que jamais, Microsoft y a évidemment toute sa place. Pas plus, pas moins que les autres !

 Dsfc


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La fracture rurale

Par       7 novembre 2009  - Catégorie(s): Rétrospective  Rétrospective

Un texte proposé à 01 Informatique du 14/1/2001 !


On nous l'avait promis. La dérégulation et la concurrence allaient tout casser et amener le haut débit à la France entière. Renseignements pris auprès des opérateurs, il semble qu'il n'en soit rien. Pour les habitants de la France profonde, ceux de l'Eure et des autres départements ruraux, il faudra attendre que les poules aient des dents pour voir passer le convoi de la modernité dans nos campagnes. En interrogeant les différents services de notre opérateur historique France Télécom, l'ADSL est prévu uniquement dans les zones à forte concentration de population. Pour le département de l'Eure, seule la ville d'Évreux est prévue dans ce dispositif. L'opérateur "public" ne garantit l'ADSL que dans un périmètre de deux kilomètres des centraux alors que les spécifications techniques nous permettaient d'envisager une distance maximale de 5 km. Côté boucle locale radio, l'ouverture à des opérateurs privés nous entrouvrait des perspectives les plus optimistes. Après prise de renseignements, la BLR ne sera mise en place, dans le département de l'Eure, que dans des zones d'affaire, à forte concentration d'entreprises. Dans ce contexte, on peut raisonnablement se poser un certain nombre de questions. A quoi sert la dérégulation sans y accrocher une garantie de service universel ? Que font nos élus dans cet état de carence ? A l'approche des municipales, on voit fleurir les sites qui méritent les vertus de nos responsables locaux et l'image d'une modernité insoupçonnée. Tout le monde nous parle de décentralisation, d'aménagement du territoire et, en fin de compte, par leur inaction, les élus organisent l'exode rural. Les campagnes deviennent des lieux dortoirs ravagés par l'agriculture intensive. En dehors des ondes, donc, point de salut !!! Oui, mais pour qui ? Car le coût d'une liaison satellite est encore excessif au regard de ce que permet le câble ou l'ADSL. Faudra-t-il attendre l'UMTS ? Le plus extraordinaire, c'est que tous les opérateurs ne gagnent actuellement pas un seul centime sur ces technologies autour du téléphone portable, alors que nous disposons de l'un des réseaux filaires les plus développés au monde. Christian Pierret, secrétaire d'état à l'industrie et aux télécommunications, pousse actuellement à ce que chacun puisse disposer d'un accès illimité. Espérons que ces motivations s'inscrivent dans la prise de conscience de la "fracture rurale". Mais le plus étonnant, c'est le silence dont fait part notre Ministre de l'environnement et de l'aménagement du territoire sur ce sujet. Mais que fait donc Dominique Voynet ?

 Dsfc


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La mort de la micro : le débat qui en cache un autre !

Par       7 novembre 2009  - Catégorie(s): Rétrospective  Rétrospective

Un texte qui fut proposé à Corinne Zerbib, le 21/12/2000, alors en charge des pages Carte blanche à 01 Informatique ! C'était rugueux.


Dans la presse, cela s'appelle un marronnier. Dans le petit monde des informaticiens heureux, ce thème est devenu, pour beaucoup, un grand sujet de conversation sur les technologies de demain, pour d'autres, une source d'inquiétudes, une nouvelle passion, un projet, une réalité ou bien, pour les nostalgiques de la console passive, le temps de la revanche.

Une évolution très rapide.

L'essor de la micro dans les années 80-90 s'est adossé à l'utilisateur qui a pu ainsi trouver un espace de liberté et de créativité qu'il n'avait jamais pu obtenir de directions informatiques par manque d'outils et de volonté. Ce modèle a engendré une forte contre-productivité : politique d'achats isolés, coût de possession unitaire excessif, redondance du travail. La phase suivante s'est concrétisée par la généralisation du réseau local et de l'architecture client-serveur. Pour survivre, les éditeurs et les informaticiens ont dû alors s'adapter à la pression des utilisateurs. Le PC est devenu incontournable.

La révolution Internet

Consacré par la prise de conscience tardive de Bill Gates, Internet est venu à ce point perturber la donne que certains acteurs arrivent à peine à qualifier ce que recouvre d'un point de vue sémantique l'architecture client-serveur. Avec la télédistribution d'applets Java et de contrôle ActiveX sur le poste client, les technologies client-side autour du navigateur ont brouillé les cartes. Le navigateur est devenu la fenêtre applicative de l'utilisateur.

Question de barycentre

La standardisation des technologies de scripting autour des serveurs Web (technologies server-side) et le groupware consacrent définitivement Internet dans l'entreprise. Certaines personnes se croient même autoriser à nous annoncer que les pères-géniteurs de la micro sont morts. Location d'applications, PGI (progiciels de gestion intégrée), place de marchés, externalisation massive, généralisation de l'Internet haut-débit sont-ils les signes avant-coureurs de la mort annoncée du micro ? Pas si sûr. Linux, Windows 2000, les architectures multiprocesseurs permettent aujourd'hui aux PC de se transformer en véritables serveurs d'entreprise. De quoi convaincre les plus résistants !

Un discours idéologique

Internet est devenu, sans contestation possible, le vecteur principal de la globalisation des échanges économiques. L'actionnaire, par essence, amoral, c'est-à-dire par delà le bien et le mal, voit dans toutes les nouvelles technologies un moyen d'augmenter son taux de profit. Aujourd'hui, ce qui est contestable dans le discours ambiant, derrière une prétendue objectivité techniciste, c'est qu'il ne se justifie que par la seule recherche de la satisfaction de l'actionnaire. Tous les autres aspects liés à l'informatique tels que la liberté, la créativité, l'expression du salarié, la réalisation personnelle sont relégués aux allées du musée Grévin. Je me souviens de mes professeurs d'économie. Tous ceux qui se prétendaient objectifs étaient de furieux néo-libéraux. Il est étrange que le discours technique se plaque sur un cycle qui est aussi celui de l'actionnaire. Croyez-vous que ce cycle soit bien celui d'une invention telle que le micro-ordinateur qui appartient désormais au champ du corps social ?

 Dsfc


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