Un fait majeur se produit dans le monde de l'Internet. Google est en train d'écraser le Web. XitiMonitor vient de révéler que Google représentait, en France, 90% de la part de marché des moteurs. Camarades, l'heure est grave !

Dans ce contexte si singulier, les profits de Google flambent alors que ceux de ses concurrents baissent. Cherchant à enfoncer le clou et asseoir une domination insultante vis à vis des technologies concurrentes, Google vient de faire le ménage dans la vente d'AdWords privant les agences d'une source de revenus non négligeables. La firme signe là son tout premier opus.

Le deuxième opus, qui s'apparente en tout point à l'opération Corned Beef, est la sanction de techniques de rétroliens payants. Je veux bien que Google soit à ce point en capacité de tout connaître et de tout comprendre. Mais comment est-il possible de savoir qu'un lien est payant ? Le fait même de relayer ce type d'informations pourrait nous faire croire que de sombres crétins essaient de valider le fait que nous le sommes davantage qu'eux. L'espoir fait vivre ! Google communique et vient de réussir un coup de buzz magistral.

Cela fait des lustres que des annuaires spécialisés de qualité de type Indexa vendent des liens. Il s'agit d'une autre technique de référencement : elle s'appelle l'affiliation. Que dire alors des places de marché ? Google va-t-il les déréférencer pour pouvoir créer les siennes ? A y réfléchir, ce serait là une évolution bien naturelle permettant aux actionnaires de la firme de voir fructifier leur rente Pinay.

Le troisième opus - nous l'avons appris hier - est que non content de s'en prendre aux agences, à l'affiliation, Google chercherait cette fois-ci à taper fort... très fort. Le coupable, ce serait cette fois-ci le cross-linking !!! Je traduis : technique d'échange croisé de liens. Et là, c'est le feu d'artifice de la bêtise humaine qui résonne dans les tuyaux de l'Internet. Chacun y va de sa contribution à la construction de la pierre angulaire. Il ne serait plus possible de faire des liens dans son propre site, vers d'autres sites ou même de gérer une blogoliste. Pourquoi pas les sous-domaines ? ;+) Selon ces faiseurs d'opinion, il existerait même des réseaux de blogs dont la seule vocation serait de croiser des liens afin d'augmenter leur pagerank. J'avais pu très succintement évoqué sur ce blog tout le peu de cas dont il fallait faire du PageRank en terme de référencement. Sa vocation est, à la marge, de départager les ex-aequo. Olivier Andrieu, le "pape" du référencement, l'a rappelé aujourd'hui même dans son blog. Rien ne se perd. Rien ne se crée. Tout se réchauffe.

Ces trois événements doivent être hélas reliés entre eux et ne sont que les facettes de l'expression d'une même volonté : capter le marché du référencement en jetant au passage le discrédit le plus total sur les techniques dites de référencement naturel. L'opération est en passe de réussir. L'absence de recul, d'analyse et de regard critique vis à vis de Google donne un caisse de résonance particulière à l'opération.

La démarche de Google est aujourd'hui totalisante. Le monopole menace aujourd'hui l'émergence d'autres initiatives, d'autres technologies, d'autres concurrents. Cette situation est due en grande partie à notre propre ineptie, nous amenant à aller là où nous amène le vent. Pour ma part, je regrette que l'initiative du moteur européen Quaero n'ait pas pu aboutir à terme. Ce n'est pas parce qu'une technologie domine le marché qu'elle est nécessairement la meilleure. Mais avec l'argent généré, nous pourrions tous être amenés à le croire !

Quelques back links non payants