Evidemment, à entendre David Pujadas, emphatique, nous pouvions craindre en ce mercredi soir un remake du film de Francis Veber. Je cite : "Cette finale a des airs de la finale de la coupe du monde".

21 h 00 : le cloches sonnent. Sur Tf1 et France 2, le programme est identique : "Le Bon, la Brute et le Truand". Je me délecte d'un reste d'un excellent Côtes de Blaye 1987. Il est temps de le boire.

Très vite, je comprends que le film qu'on joue n'a rien à voir avec le film de Sergio Leone. Il s'agit d'un huis clos long et ennuyeux dans lequel s'affrontent Nicolas et Ségolène. J'ai comme la sensation d'avoir entendu ce que les deux acteurs principaux jouent ce soir. Très vite, la brute pousse le truand dans ses retranchements. Il bafouille, vascille. Pour s'en sortir, là, la brute cogne. Le truand endosse les habits du bon. Vite démasqué, le truand redevient truand alors que la brute se recouvre des oripeaux du bon. Le truand réplique à la brute : "Avec vous, je ferai une victime consentante". Oui, excellent ce Côtes de Blaye. Couleur aux tonalités ocre. Cuit... archi cuit. Goût de cassis assez prononcé. En fait, il faut que nous finissions rapidement les bouteilles restantes. Il est en train de se dépicher. Le truand aussi lorsqu'il se met au vert. La brute et le bon, fondus en la même personne, la jouent très mauvaise lorsqu'ils évoquent l'avenir et la vieillesse.

Je baille. Il est 11 heures. Le film est long, trop long. Ils auraient mieux fait de le passer en trois épisodes. Plus compréhensible. Ca faisait 12 ans qu'on nous l'avait pas joué, ce film. A chaque fois, je me laisse tenter. A chaque fois, je me dis : "Non, ils ne me le refairont pas." Et je replonge. La prochaine fois, c'est dans 5 ans. Ce devrait être avec les mêmes.