Sarkozy est tombé dans le piège que lui a tendu Ségolène Royal. En mobilisant plus de 18% des votants, les Français ont exprimé une volonté claire de renouvellement politique contrairement à 2002 en votant pour des partis de gouvernement. En proposant de discuter avec François Bayrou, elle a parfaitement compris le message des Français.

Le candidat de l'UMP est aujourd'hui bien isolé et risque de n'avoir comme soutiens que Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen. Son autisme, son attitude à vouloir tout faire pour empêcher ce dialogue entre le leader centriste et Ségolène Royal le discréditent profondément et montrent la nature de son vrai visage : une personnalité autoritaire, à la soif de pouvoir insatiable dont le comportement à la tête de son parti n'est pas compatible avec le caractère monarchique de nos institutions. En un mot, s'il rassure les personnes âgées, il fait peur aux classes moyennes, aux jeunes et à l'électorat de centre droit. Or une élection, en France, se gagne au centre. Sa dérive droitière de premier tour et l'attitude de François Bayrou le contraignent et l'enferment.

Les élus centristes qui se rallient à Sarkozy n'ont rien compris au message de leurs électeurs. Seule l'attitude de François Bayrou qui exclut clairement de voter pour Nicolas Sarkozy respecte pleinement leur choix. La dynamique a changé de camp. Ségolène Royal a compris que la gauche, seule, n'était pas en capacité de résoudre les problèmes de notre pays. C'est une femme d'instinct. Nous devons lui faire confiance.