Je m'étais jusqu'à présent refusé à diaboliser Nicolas Sarkozy. Or, comme vous l'avez remarqué, la tonalité de ce blog vient de changer profondément. Je crois qu'il représente un danger réel pour notre pays, notre avenir, nos familles. J'espère qu'au travers de la lecture de ce blog, vous pourrez en prendre conscience. Ses péroraisons autour des valeurs, sa volonté de liquider l'héritage de mai 1968 nous fournissent un nouvel éclairage sur l'idéologie dont il se revendique.

Sa critique populiste des "élites" dont on ne sait pas ce qu'elles abritent précisémment, sa stigmatisation permanente de la pensée unique et maintenant son évocation de mai 1968 nous permettent de comprendre véritablement d'où il vient et où il cherche à nous emmener.

D'où vient-il ?

Ses conseillers d'aujourd'hui, Patrick Devedjan, Gérard Longuet, Claude Goasguen, viennent d'un mouvement politique français d'extrême-droite né en 1964, Occident. La résurgence des thèmes de la hiérarchie, de l'ordre moral, d'un état fort, du travail, de l'identité nationale, la stigmatisation de l'immigration, la volonté du laisser-faire économique ne sont pas bien éloignées des thèmes traditionnels de l'extrême-droite : travail-famille-patrie. Sur le plan de la stratégie politique, le parallèle avec Berlusconi est saisissant. Sa proximité avec les puissances médiatiques vient renforcer d'autant plus le parallèle. Le déplacement de 7% des voix du FN vers l'Ump, dans ce contexte, ne doit rien au hasard. Marine Le Pen a récemment déclaré : M. Sarkozy "va aller jusqu'au bout de l'imposture" en reprenant des thèmes de campagne du FN, "parce qu'il se rend compte que c'est probablement l'électorat de Le Pen qui est la clef du scrutin", et non celui de François Bayrou. Contrairement à Marine Le Pen, je pense qu'il ne s'agit en rien d'une imposture !

Où cherche-t-il à nous emmener ?

L'exonération totale des charges sur les heures supplémentaires, le forfait de 100 euros payés par les assurés sociaux n'augurent rien de bon sur le devenir de nos régimes de répartition. Les actifs financent les retraites. Les bien-portants financent les malades. Flatant l'individualisme, les règles de solidarité seront très vite mises à mal. L'institution de la TVA sociale entraînera mécaniquement une hausse proportionnelle des prix pesant sur les bas salaires. L'exonération des impôts de succession qui ne concerne qu'à peine 5% de la population (déjà exonérée), l'abaissement du bouclier fiscal à 50% ont pour objet de favoriser les plus riches et les plus puissants. L'argent doit aller à l'argent ! Sarkozy commet de profondes erreurs. Son idéologie l'aveugle. Le système de répartition construit dans l'après-guerre sous l'égide du Général de Gaulle, permet de fournir la sécurité nécessaire à un cadre de forte consommation. En privilégiant les plus riches, il privilégie l'épargne et les placements spéculatifs dont souffrent déjà la plupart des français au travers de la question du logement. La mise en cause de la loi SRU ne sera pas de nature à soulager les budgets des bas revenus. Quant aux craintes des chercheurs que j'évoquais dès hier, elles n'augurent rien de bon sur les chances de l'appareil productif français de se remettre à niveau.

L'exaltation récente des filières professionnelles, en dehors du fait qu'elle cherche davantage à confier les tâches d'enseignement au privé et à l'entreprise, ne doit rien au hasard. Entre l'iPod, le jeu vidéo, le portable et l'écran de télévision, le consommateur a pour vocation d'être un idiot !!! Homos economicus... de la chair fraîche pour prédateurs.

En pur adepte des outils du capitalisme symbolique et en totale contradiction avec les lois de la statistique, il essaie de faire croire au plus grand nombre qu'avec lui, les plus pauvres peuvent devenir les plus riches. La société qu'il cherche à construire est une société de prédateurs. Cette société, je n'en veux à aucun prix, ni pour ma famille ni pour mes enfants. La France que nous propose le candidat de l'Ump est en rupture profonde avec l'humanisme qui est le mien et, sans doute, le vôtre. De gauche ou de droite, Sarkozy est un danger pour la France.