Le mot n'existe pas dans la langue française. Il s'agit en fait d'un barbarisme de plus traduit de l'expression anglaise corporate governance.

Sensé rendre intelligent l'auteur, ce mot signifie originellement un mode de direction des entreprises combinant intérêt des actionnaires et de la direction d'une entreprise. Dans cette acceptation, il est aisé de comprendre que les stocks-options sont les moyens d'une bonne gouvernance. En terme d'emploi, d'équité, de productivité, c'est en revanche complètement discutable. Du fait que ces actions ne sont soumises à aucune cotisation, ce qui semble être bon pour une très petite minorité d'individus apparaît assez rapidement comme un outil de plus qui organise le délabrement de notre protection sociale.

Dans le secteur informatique, la bonne gouvernance serait donc la prise en compte de l'intérêt des actionnaires appliqué aux choix techniques ou non de l'évolution du système d'information. Dans cette acceptation, les ERP tels que SAP procèdent directement de cette logique. De là à dire qu'ils permettent la recherche d'un optimum économique, de l'efficacité et de la productivité de l'informatique de l'entreprise, il y a un gouffre que je m'empresserai bien ici de ne pas franchir. Tout juste permettent-ils à la direction financière de connaître le cash-flow (l'excédent brut d'exploitation) généré par un produit, une usine,un atelier, un process.

L'emploi de ce mot masque très largement le vide sidéral de la pensée de quelques DSI qui doivent justifier leurs salaires par l'emploi de barbarismes aussi inutiles que pompeux. Leur bilinguisme ne suffit même plus à justifier leurs émoluments qu'ils aiment à partager avec eux-mêmes. Bernard Cassen dans le Monde Diplomatique a récemment montré l'idéologie qui se cache derrière ce concept. Elle tend à instituer que le mode de fonctionnement de l'entreprise doit s'étendre à l'ensemble de la société. Permettez-moi de ne pas être d'accord. Tels sont mon libre arbitre et ma liberté.

Source : Wikipédia