Le concept d'agriculture raisonnée est une supercherie, une invention du verbiage technico-agricole pour masquer la réalité : la France est le deuxième pays consommateur de produits phytosanitaires au monde ! Rien que ça.

C'est tout le modèle productiviste agricole français des années 1970 soutenu par la FNSEA qui est en cause, lorsque Chirac était alors ministre de l'agriculture. L'agriculture raisonnée s'appuie sur la volonté de diminution des coûts tant au niveau des intrants, ce qui, en terme de bioagresseurs, aurait tendance à renforcer leur résistance. Il n'y a aucun observatoire des bonnes pratiques agricoles, outil devant accompagné nécessairement la démarche de l'agriculture "raisonnée" à défaut d'être raisonnable. L'Etat, contrairement à ce qu'a entrepris le Danemark, n'a toujours pas pris la décision de surtaxer les pesticides, fongicides et herbicides pour financer les compensations en terme de revenu et la recherche.

Le monde agricole ne peut plus continuer de la sorte. En même temps, il ne pourra pas accepter la baisse de ses revenus, ce qui est parfaitement légitime. Face au désengagement de l'Etat, je crains que les politiques ne finissent par entendre la douce sirène des semenciers Ogm relayés par certains chercheurs et certains agriculteurs soucieux de maintenir leurs propres intérêts. Face au développement des bioagresseurs, certains producteurs de maïs voient, en effet, dans les semences Ogm le seul moyen de maintenir leur production.

Rappelons pêle-mêle que, face au déficit d'eau, certaines régions ont pris la décision d'interdire la culture du maïs, que l'Inserm enquête sur les conséquences de l'emploi des pesticides sur la santé humaine (cancer du cerveau, hémopathies malignes, cancer du poumon et mésothéliome) et que vous pouvez consulter l'excellent travail réalisé conjointement par l'Inra et le Cemagref sur le sujet des pesticides.