Désalcoolisation et copeaux de bois autorisés dans le vin
Par Denis Szalkowski, dimanche 2 avril 2006 à 19:48 :: Vin :: #446 :: rss
Rappelons que la technique d'ajout de copeaux de bois vient tout droit des pays viti-vinicoles émergents. Elle consiste à raccourcir le cycle de production du vin afin de le mettre sur le marché le plus rapidement possible. Au travers de cette technique, il s'agit d'augmenter le vin en tanin et de lui donner artificiellement un goût vanillé caractéristique par la présence de dérivés phénoliques et autres aldéhydes. En rapport à ce qui se passe en Australie, on imagine, assez aisément, l'utilisation de copeaux parfumés au cassis, à la fraise. Sous la pression des industriels des pays émergents, le Codex Alimentarius a autorisé une très grande quantité d'adjuvants en tout genre.
Comme certains agriculteurs du Sud-Ouest se plaignaient d'une degré alcoolique trop élevé, ils ont obtenu du ministre Dominique Bussereau de pouvoir désalcooliser le vin. Economiquement, cela permet à certaines AOC de ne plus se faire déclasser. Il arrivait fréquemment qu'à l'issue d'une bonne récolte, le vin sorte des limites fixées par l'AOC. Le problème est que c'est la maîtrise de la chauffe du vin lors de la fermentation qui est à l'origine de son goût et de sa qualité. Avec la désalcoolisation, plus besoin de véritable savoir faire particulier. Les viticulteurs viennent d'ouvrir la boîte de Pandorre aux industriels carnassiers qui n'attendaient que ça. De la part de la FNSEA, rien d'étonnant à ce qu'elle soutienne le plan. C'est beaucoup moins compréhensible de la part des Jeunes Agriculteurs.
Bref, la mondialisation standardise à tour de bras. Attendez-vous à ce que le vin ne devienne qu'un produit de consommation ordinaire. Bingo !
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