Copeaux de bois : l'INAO ouvre la boîte de Pandorre !
Par Denis Szalkowski, samedi 11 novembre 2006 à 08:28 :: Vin :: #1338 :: rss
L'Institut National des Appellations Contrôlées dépendant du ministère de l'agriculture vient d'autoriser l'utilisation des copeaux de bois dans le cadre d'un droit à l'expérimentation.
Traditionnellement, le vin sortie des cuves inox ou ciment est élevé en fût de chênes. Au contact du bois, les arômes se composent à partir des phénols et autres aldéhydes donnant au vin sa complexité. C'est toute l'achimie du vin. Pour des raisons économiques, la plupart des viticulteurs, pour faire face à la concurrence sauvage des pays du Sud, de l'Est et d'ailleurs, sont amenés à abandonner ce mode d'élevage. Dans le souci de minimiser les stocks, de raccourcir le cycle de commercialisation, le vin passe directement de la cuve à la bouteille !
Le machinisme agricole, la sur-utilisation des intrants (pesticides, insecticides, fongicides), les machines à vendanger amènent un renchérissement des coûts de production qui fait glisser la production du vin dans le cadre d'un produit agricole banal. Dès lors, de nouveaux acteurs industriels se préparent à intervenir dans ce secteur massivement. Le viticulteur n'aura plus qu'à vendre son jus. C'est en ce sens qu'il faut comprendre l'autorisation de l'utilisation de copeaux de bois et de la désalcoolisation du vin au niveau européen. La technique nécéssitant des moyens capitalistiques de plus en plus lourd exclut de facto les petits exploitants qui n'ont pas la surface financière suffisante. Les agriculteurs qui, de bonne fois, soucieux de s'adapter à la nouvelle donne, soutiennent la mesure, font fausse route.
Au delà de sa mission traditionnelle qui est le respect des règles, l'exigence de qualité, l'INAO et le ministère de l'agriculture ont un devoir de protection vis à vis de la production française. C'est tout le sens de la construction historique des AOC. Force est de constater que le ministère semble sortir du cadre de sa mission. Pour sortir de la crise, plusieurs pistes sont possibles :
- création d'un comité national du vin chargé de la promotion des Aoc en France et à l'étranger
- mesures de soutien à la production bio
- associer le concept de vin biologique aux Aoc
- favoriser l'encépagement des souches locales traditionnelles
- renchérissement du tarif extérieur européen sur le vin afin de financer ces mesures
C'est tout le sens de la certification Demeter qui entoure l'appellation des vins biologiques. L'espérance, plus lente à sortir, est restée dans la boîte.
->la liste des fermes françaises certifiées Demeter (merci Bernard)
Commentaires
1. Le samedi 11 novembre 2006 à 19:14, par roms
2. Le dimanche 12 novembre 2006 à 08:33, par Denis Szalkowski
3. Le dimanche 12 novembre 2006 à 12:24, par bernard
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