J'ai peu le temps de regarder de films. Cette après-midi, après une semaine de dur labeur, je me suis posé dans mon canapé. C'est avec plaisir que j'ai regardé Charlie et la chocolaterie, le dernier film de Tim Burton.

Son univers est à l'image des peintures du Nord de l'Angleterre telles que les impressionnistes ont su nous les restituer. Une société aux paysages sombres et tristes, atemporelle, hyper-industrielle et hyper-techniciste qui mélange la richesse et l'extrême pauvreté. Dans ce film, j'ai retrouvé des paysages du Gotham, la ville qui a servi de cadre à l'excellent premier Batman dont il fut le réalisateur, servi par un Jack Nicholson toujours aussi grandiose.

Et puis, l'onirisme féérique de Tim Burton ne l'empêche pas de jeter un regard cruel sur notre monde. J'ai tout particulièrement apprécié la vision de Tim Burton sur notre monde moderne. Il y dénonce son inhumanité, la mort de l'imaginaire du fait de la télévision, la satisfaction de vils petits intérêts et aussi le machiavélisme du monde économique.

Willy Wonka, le propriétaire de la chocolaterie, est un grand névrotique qui construit sa vie contre la personnalité d'un père dentiste psycho-rigide qui veut faire de son fils un "autre" que lui. C'est la frustration de ce père qui va amener Willy à créer cette immense chocolaterie pour mieux tuer son propre père au sens psychanalytique bien sûr. Le concours qu'il organise entre 5 enfants n'a pour objectif que de lui trouver un successeur.

A l'exception des délires lyriques inutiles des Umpalumpas, ce film m'a enthousiasmé sincèrement. Il nous rappelle que l'enfance est sacrée et qu'elle doit être un moment privilégié dans la vie de l'homme. En tant qu'adulte, notre devoir, c'est avant tout de donner aux enfants toute l'affection dont ils ont besoin... avant toute autre considération matérielle. Les choses ne sont que des chimères.